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  • il y a 2 jours
Dans son édito du 29/12/2025, Paul Sugy revient sur les nombreuses personnes qui ne veulent pas rendre hommage à Brigitte Bardot.

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Transcription
00:00Bah oui, la gauche de l'égalité qui arrase tout est parfois fâchée avec le talent,
00:04surtout quand celui de Brigitte Bardot écrase tout le monde.
00:07Mais ce qui est étrange et même assez triste, c'est qu'effectivement,
00:09on ne compte à vrai dire que sur les doigts d'une main des personnalités,
00:12on va dire de gauche ou d'extrême gauche, qui ont vraiment rendu hommage à Brigitte Bardot.
00:16Alors, parmi elles, il y a Emeric Caron.
00:17Évidemment, il y a une sympathie militante avec la cause animale
00:20qu'il partage en commun avec Brigitte Bardot.
00:23Et donc, il a fait un hommage sobre.
00:24Tristesse, disait-il hier, d'apprendre la disparition de Brigitte Bardot
00:27qui fut une pionnière de la défense des animaux.
00:29Mais ça lui a été reproché, figurez-vous, par des militants encore plus radicaux
00:32qui donc ont fait observer à Emeric Caron que selon eux,
00:36Brigitte Bardot était une actrice raciste et que par conséquent,
00:39il se déshonorait à lui rendre hommage.
00:41On aimerait que dans ces moments-là, il y ait un peu plus de sentiments de concorde
00:45et que l'on puisse au moins s'accorder sur ce qui nous réunit,
00:48c'est-à-dire notre affection pour Brigitte Bardot, pour tout ce qu'elle incarnait au cinéma.
00:52En réalité, Paul, ce qui dérange certains, c'est que Brigitte Bardot était une femme de droite.
00:57C'est comme ça qu'elle s'est longtemps définie.
00:59Et d'ailleurs, dans le BBCDR qu'elle publiait en septembre dernier chez Fayard,
01:03elle écrivait « La droite est le seul remède urgentissime à l'agonie de la France ».
01:08Bon, évidemment, dit comme ça, c'est difficile de contester que Brigitte Bardot
01:11est effectivement une femme de droite.
01:12Ce qui est sûr, c'est qu'elle était conservatrice, patriote,
01:15fidèle selon l'expression du général de Gaulle,
01:17qui l'appréciait bien d'ailleurs, peut-être sa femme un peu moins,
01:20parce que Brigitte Bardot arrivait aux soirées avec des tenues affolantes
01:24et qui n'était pas du tout conforme au protocole,
01:26mais était fidèle à cette certaine idée de la France du général,
01:29disposé finalement à vouloir que certaines choses demeurent
01:33dans ce qu'avait fait notre civilité commune.
01:35Le paradoxe, peut-être, c'est qu'elle fut aussi l'icône du changement
01:38le plus spectaculaire peut-être du XXe siècle,
01:40celui bien sûr de l'émancipation féminine.
01:43On peut dire qu'une Brigitte Bardot a fait au moins autant
01:45qu'une Simone Veil peut-être pour la liberté des femmes aujourd'hui.
01:48C'est vrai que quand on regarde de près ces prises de position politique,
01:50on se rend compte en réalité qu'elles sont très souvent éruptives,
01:53ce sont plus souvent des emportements
01:55que l'expression d'adhésion claire à des doctrines.
01:58D'ailleurs Brigitte Bardot disait des années 90
01:59qu'elle ne faisait pas de politique que la protection animale.
02:03C'est la seule chose qui l'intéressait,
02:04ce qu'elle déclarait en 1990 au journal d'Antenne 2.
02:08Et d'ailleurs, quand on regarde les propos qu'elle avait
02:10par rapport au chef d'État,
02:11on se rend compte qu'elle n'était pas beaucoup plus tendre
02:13avec ceux de droite qu'avec ceux de gauche.
02:14Elle avait même de l'affection pour François Hollande.
02:16Elle avait dit en 2014 que c'était le seul président
02:19qui respectait les choses qu'elle lui demandait.
02:21A l'inverse, elle avait tapé à bras raccourcis sur Jacques Chirac.
02:25Elle disait il m'a fait mille promesses,
02:26il ne les a jamais tenues.
02:27Sur Nicolas Sarkozy aussi.
02:29Elle avait fait campagne pour Valérie Giscard d'Estaing.
02:31Il faut dire qu'elle avait négocié avec lui
02:33de haute lutte son soutien
02:35à la campagne présidentielle de 1974.
02:37C'est la fameuse photo Giscard à la barre.
02:40On se rappelle bien sûr du slogan.
02:42Mais en échange, elle avait obtenu l'arrêt par la France
02:44de l'importation des pots de bébés phoques blancs.
02:47Donc évidemment, c'était là encore la question animale
02:49qui l'intéressait.
02:50En réalité, on se rend compte qu'il y aurait un risque
02:52à vouloir instrumentaliser politiquement Brigitte Bardot
02:55après sa mort.
02:56Elle était tellement interruptive,
02:58comme au fond beaucoup de Français
02:59quand ils parlent de politique.
03:00On ne sait pas très bien si elle était d'un côté de l'autre.
03:01Et beaucoup d'artistes.
03:02Et comme beaucoup d'artistes.
03:04Elle était amie avec Jean-Marie Le Pen.
03:05Est-ce que pour autant elle était une lepéniste ?
03:07La question est insoluble.
03:08Et puis, elle incarnait une forme de politique
03:10plutôt en nostalgie.
03:12Vous voyez, quelque chose sur quoi c'est difficile
03:13de capitaliser politiquement.
03:14parce que finalement, Brigitte Bardot,
03:16c'était l'affection aussi de la France d'avant.
03:18En réalité, elle n'appartenait à personne.
03:21Elle incarne la France.
03:23Elle incarnait la France.
03:24Elle était par conséquent à tout le monde.
03:26Et ne pas lui rendre hommage,
03:28quel que soit par ailleurs son bord politique,
03:29ce serait insulter la France.
03:31Hier soir, et ce n'est pas souvent qu'on peut le dire,
03:34des journalistes du monde entier,
03:35j'ai regardé un peu la couverture des médias ce matin,
03:37ont prononcé le nom d'une femme, d'une française.
03:40Et c'est vrai qu'à tout prendre,
03:41je préfère que mon pays, la France,
03:43soit associée à une très grande actrice
03:45qui a fait de sa beauté une œuvre d'art
03:47plutôt que, comme d'autres pays dans le monde,
03:48on associe un pays à un général,
03:50parfois un dictateur, un réformateur,
03:52un homme politique, un acteur historique quelconque.
03:54Brigitte Bardot, c'était la France.
03:56La France, certes, des années 60,
03:57dont on peut être nostalgique aujourd'hui.
03:59La France qui allait vite, c'était le Concorde,
04:00les TGV à 300 km heure.
04:02C'était la France des voitures élégantes,
04:04pardon, et Edith Saint-Laurent.
04:06Un temps où la beauté était une revendication politique
04:09à part entière.
04:09Vous savez, dans « Et Dieu créa la femme »,
04:12elle demande « Vous connaissez, vous,
04:13un pays où on ne fait que rire et danser ? »
04:15C'était peut-être ça, la France,
04:16la France qu'on aime,
04:17et la France aime beaucoup Brigitte Bardot aussi.
04:19Sous-titrage Société Radio-Canada
04:19Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires
1
  • marie_wxk132il y a 20 heures
    Par dessus tout, il faut saluer son combat indéfectible pour la souffrance animale ,en respectant ses souhaits: c'est cela qu'elle souhaitait,et pas autre chose. Elle a été , de loin, précurseur ds ce domaine et combattante extraordinaire.
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