Il a fallu du temps pour prendre du recul, sécuriser, améliorer. Près de quinze ans après la catastrophe de Fukushima – durant laquelle, le 11 mars 2011, un séisme avait entraîné un tsunami puis une catastrophe nucléaire dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi – le Japon s’apprête à rouvrir la plus grande centrale du monde, celle de Kashiwazaki-Kariwa. Selon le journal japonais Nikkei, un projet d’installation de data centers autour de la centrale serait en cours de réflexion.

La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, opérée par Tepco, la même compagnie qui opérait six réacteurs à Fukushima Daiichi, avait dû fermer ses portes en mars 2012 à la suite d’un contrôle de routine. L’unité 6 vient d’obtenir le feu vert de la préfecture pour être remise en service d’ici fin janvier. Elle a une capacité de 1 350 000 kilowatts.

Des data centers au cœur de la production d’électricité

La remise en service de Kashiwazaki-Kariwa marque une véritable volonté de tourner la page et de rassurer les habitants après la catastrophe de 2011. Mais cela démontre aussi une envie de la part du Japon de se positionner comme un acteur majeur de l’électricité verte. Autoriser la construction d’un data center juste à côté de la centrale permettrait justement de faire rayonner le Japon au niveau mondial sur ce plan.

Tepco a fait savoir qu’aucun accord officiel n’avait pour le moment été signé pour la construction d’un data center. Toutefois, selon Nikkei, Tepco serait sur le point de faire des propositions à des entreprises du numérique américaines pour s’installer sur leur sol, entourées d’une électricité verte et rapidement disponible. Les géants du secteur comme Google, Microsoft et Amazon ont déjà signé des accords de ce type avec des fournisseurs américains d’énergie nucléaire.

Des millions de yens pour la réouverture de la centrale

Si un accord n’a pas été signé pour ce genre d’activités – et cela pourrait prendre un peu plus de temps que ne le laisse penser Nikkei – le gouvernement japonais est on ne peut plus prêt à miser sur l’énergie nucléaire. Au sein de la préfecture de Niigata, où se trouve la centrale Kashiwazaki-Kariwa, le parti démocrate au pouvoir a proposé 31 millions de yens, soit 168 500 euros, au budget de l’année prochaine pour communiquer correctement sur la réouverture du site. Certaines voix s’élèvent tout de même dans cette région et au Japon en général pour appeler à une vigilance accrue vis-à-vis de la sécurité des centrales.