Fin de vie : "L'annonce de ce projet de loi va dans le bon sens" selon le délégué de l'ADMD 76
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"Il y a encore un travail à faire", mais l'annonce du projet de loi sur la fin de vie d'ici l'été, va "dans le bon sens" analyse ce mardi sur France Bleu Normandie, explique Yves Grégoire, délégué en Seine-Maritime de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité.
Emmanuel Macron a annoncé ce lundi un projet de loi sur la fin de vie d'ici la fin de l'été. Il a reçu les conclusions de la Convention citoyenne qui s'est prononcée en grande majorité pour une aide active à mourir, c'est-à-dire l'assistance au suicide ou l'euthanasie. "Ca va dans le bon sens, parce que cela fait quelques années qu'on l'attend celui-là", explique Yves Grégoire, délégué en Seine-Maritime de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité, invité de France Bleu Normandie ce mardi.
"Les résultats de la convention citoyenne nous ont laissé espérer effectivement qu'ils soient mis en route rapidement. On avait toujours l'inquiétude de la décision du président. Désormais, on la connaît. Il y a des tas de détails à régler, techniques, juridiques, mais aussi philosophiques et éthiques", explique Yves Grégoire, qui met l'accent sur les soins palliatifs.
Emmanuel Macron a annoncé un plan décennal pour les soins palliatifs, sans préciser le montant qui doit être alloué. "Il faut des montants quatre à cinq fois supérieurs à ceux qui sont attribués aujourd'hui, si on veut être dans les normes de ce qui se fait dans d'autres pays en Europe. Il y a effectivement un gros déficit et il y a plus de 20 départements qui n'ont pas une seule unité de soins palliatifs à proposer aux patients. Il faut s'expatrier en dehors de son département pour aller chercher des soins."
La Convention citoyenne a ouvert à la voie à l'assistance au suicide et l'euthanasie. "Ce sont deux actes différents. Le suicide assisté, c'est le patient qui s'injecte un produit léthal. On souhaite à l'ADMD qu'il y ait un contrôle médical à côté. Il faut être en état de pratiquer le geste très important parce qu'il ne faut pas se faire aider par un tiers. Et l'autonomie, là, c'est le soignant, le médecin qui injecte un produit létal parce que le patient l'aura souhaité ou parce qu'il ne sera plus en état de faire le geste tout seul. Donc, il sera assisté d'un médecin pour poursuivre ce geste."
L'Ordre des médecins se dit défavorable justement à l'euthanasie. "Une position hypocrite : j'aimerais avoir le président du Conseil national de l'Ordre des médecins pour lui demander ce qu'il pense des 4 000 euthanasies illégales pratiquées par les médecins chaque année. Après, il y aura un droit de retrait qui sera prévu dans la loi, une sorte de clause de conscience, comme pour l'avortement.
Je précise qu'à l'heure actuelle, dans la fameuse loi Leonetti, qui implique une sédation longue et profonde, qu'il n'y a pas de droit de retrait de prévu pour les médecins."
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