Le mystérieux quotidien des enfants de Vladimir Poutine

Le média d’investigation The Dossier Center détaille la vie des deux fils du président russe issus de sa relation avec une ancienne championne de gymnastique.
Publié le 11/09/2024 à 16h00

«Enfin un fils ! » C'est l'exclamation qu'aurait lâchée Vladimir Poutine en apprenant la nouvelle. Nous sommes au printemps 2015. Un petit Ivan voit le jour dans une clinique de Lugano, en Suisse. Il est issu d'une relation entre le chef du Kremlin, 71 ans, et l'ancienne championne olympique de gymnastique rythmique Alina Kabaeva, 41 ans. L'idylle relève du secret d'État.

Certes, en 2013, le chef du Kremlin a annoncé avoir divorcé de son ex-épouse, Lioudmila Chkrebneva, une ancienne hôtesse de l'air qui lui a donné deux filles, Maria Vorontsova, 39 ans, et Katerina Tikhonova, 38 ans. Mais Poutine entend maintenir une chape de plomb sur sa nouvelle liaison. « J'ai toujours eu du mépris à l'égard de ceux qui, avec leur nez morveux et leurs fantasmes érotiques, se mêlent de la vie des autres », enrage-t-il lors d'une conférence de presse en réponse à une question sur sa romance.

Un deuxième enfant né en 2019 ?

Sauf que la rumeur enfle. Nul ne sait précisément à quelle date les deux tourtereaux auraient fait connaissance, mais, dès 2008, on évoque les préparatifs d'un mariage. La sportive arbore même une alliance et prétend avoir rencontré « l'homme idéal ».

Au printemps 2019, nouvel événement : Alina Kabaeva accouche d'un deuxième garçon, prénommé Vladimir. Cette fois, la naissance a lieu à Moscou, Poutine estimant que les conditions de sécurité sont meilleures dans la capitale russe. Ivan et Vladimir, voilà donc les deux fils que Poutine s'évertue à cacher au public. Un document lève un coin du voile sur leur existence. Il provient de The Dossier Center, un média d'investigation créé par l'ancien magnat du pétrole Mikhail Khodorkovsky, emprisonné durant dix ans dans les geôles russes et aujourd'hui exilé à Londres. Son organisation a recueilli le témoignage de l'un des assistants placés au service des deux bambins.

Une vie à l'abri des regards

Celui-ci raconte la vie recluse de la progéniture présidentielle dans des villas de luxe, à bord de yachts ou de trains blindés. Le tout sous la surveillance de nounous, de gouvernantes, de précepteurs, de gardes du corps. La source de The Dossier Center décrit ainsi le recrutement d'un professeur d'anglais, via l'annonce d'une agence spécialisée britannique, en début d'année. L'offre d'emploi précise qu'il s'agit de s'occuper de deux enfants de 4 et 8 ans et de les accompagner dans leurs déplacements.

Les conditions requises sont draconiennes : se soumettre à des examens médicaux durant les deux premières semaines, vivre à l'isolement, ne pas quitter le territoire russe et, de préférence, disposer d'un passeport d'Afrique du Sud, un pays jugé ami. Néanmoins, des entorses existent. Le taux de rotation des enseignants se révélant assez élevé, des contrats sont proposés à des Britanniques ou à des Néo-Zélandais. Salaire : 7 700 euros mensuel pour soixante heures de travail hebdomadaire.

Le quotidien d'Ivan et de Vladimir ? Il se déroule principalement à Valdaï, à 400 kilomètres au nord de Moscou, où se situe la résidence préférée de Poutine. Dans un bâtiment séparé, les deux enfants suivent leurs cours, font la sieste ou se détendent en compagnie de lapins, de deux poneys et d'un chien saint-bernard. Des agents du FSO, le service de protection du Kremlin, les escortent en permanence. Puis, à 20 heures, un chauffeur les ramène au domicile familial, où ils se couchent presque immédiatement. À l'image de leur père, ils disposent d'un chef cuisinier chargé de leur préparer des plats spécifiques.

Ils ont également pour obligation de ne jamais utiliser un autre bol que leur mug. L'aîné Ivan s'entraîne parfois avec son père lors de séances de hockey sur une patinoire destinée aux retrouvailles familiales. Seuls Poutine, son fils et quelques membres du FSO évoluent sur la glace, tandis qu'Alina Kabaeva se tient dans les tribunes, à l'écart des regards, derrière une glace sans tain.

L'été à bord d'un yacht

Les mois d'été se déroulent souvent en mer. Alina embarque alors ses deux fils à bord du Graceful, un yacht de 84 mètres estimé à 120 millions de dollars et propriété de Poutine. À l'occasion, le président russe les y rejoint. En juillet 2023, la famille a ainsi vogué au fond du golfe de Finlande et a visité le musée de Kronstadt. Ce qui n'empêche nullement Yvan et Vladimir de poursuivre leurs études. Le matin, à 8 heures, on les achemine vers un second yacht, de taille plus modeste, où ils retrouvent leurs professeurs. Ils y passent la journée avant d'être ramenés, vers 22 heures à bord du Graceful. Un troisième navire comprenant les membres de la sécurité croise à proximité. Les trois bateaux prennent toujours soin de se maintenir à distance afin de ne pas éveiller l'attention.

Les deux fils rencontrent parfois des enfants du même âge, souvent ceux des amis proches de leur mère, durant les vacances scolaires. À une condition : les jeunes visiteurs comme les adultes doivent s'astreindre à une quarantaine de deux semaines avant de pouvoir jouer avec leurs hôtes. Au menu, des boîtes de Lego et des jeux vidéo. Néanmoins, une chose contrarie Poutine, qui ne cesse de mettre en avant le modèle russe : Ivan raffole des dessins animés produits par Disney et se plaît à incarner leurs personnages. Un rare symbole de la culture occidentale qui survit dans les murs de la propriété de Valdaï…

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Commentaires (10)

  • RT 49

    Pauvres enfants de dictateurs riches.

  • elocar

    Survivront ils à la première bactérie venue ?

  • Rei91

    Quoi ? Ils ne vont même pas au Rosey ? Poutine est vraiment un petit joueur...